Devenez mécène

La Vieille Fille d'après Honoré de Balzac

« Les avares ne croient point àune vie a venir, le present est tout pour eux. Cette reflexion jette une horrible clarté sur l’epoque actuelle, oùplus qu’en aucun autre temps, l’argent domine les lois, la politique et les mœurs. Quand cette doctrine aura passé de la bourgeoisie au peuple, que deviendra le pays ? » H. de Balzac, 1833 

RÉSUMÉ

La Vieille Fille, fut publié en 1836 dans le journal La Presse. Il s'intègre en 1844 aux Scènes de la Vie de Province de la Comédie Humaine.
En 1816, à Alençon, une vieille fille bourgeoise, Rose Cormon, a jusque-là refusé plusieurs partis espérant trouver un aristocrate qui la ferait sortir de son rang. Mais, l'âge venant (elle a 40 ans en 1816), l'embonpoint aussi, l'urgence transforme le désir en une véritable monomanie. De ce sujet qui aurait pu être simplement drolatique, Balzac fait une fable politique, grâce à la rivalité de deux prétendants de partis opposés : le chevalier de Valois – vieux beau royaliste - et Du Bousquier – républicain, vulgaire physiquement comme moralement - qui convoitent tous deux « la bonne grosse main pleine d'écus » de Rose Cormon. Finalement, Du Bousquier l'emportera, profitant d'une situation humiliante pour Rose- Marie : un véritable abus de faiblesse. Le mari se révélera bientôt dans toute son horreur, dirigiste et abusif. Rose-Marie n'en tirera même pas l'enfant tant désiré, Du Bousquier est impuissant. Seul le Jeune Anathase aimait Rose-Marie pour elle-même, et a su rester fidèle à ses convictions devant elle. Mais son intégrité n'étant pas récompensé, il se suicidera de désespoir. Le roman se termine sur la victoire de l'argent face à l'amour.

NOTE D'INTENTION

Après Eugénie Grandet, je m'attaque aujourd'hui à La Vieille fille. Ici encore c'est la déshumanisation par l'argent qui est au cœur de l'oeuvre. Rose-Marie est le centre de toutes les convoitises, non pour elle-même, mais pour ses millions. Le républicain Du Bousquier et le royaliste De Valois, habités par la même envie, font le siège de cette vieille fille avec une infatigable patience. Seul le jeune Anathase vibre de purs sentiments pour Rose-Marie, mais celui-ci, elle ne le voit pas. Derrière ces trois figures archétypales, Balzac nous questionne sur ce qui guide les hommes. Anathase n'est pas encore abimé par le temps et se dresse comme une figure de résistant dans un monde dominé par le calcul et les spéculations. Rose-Marie au delà du comique de ses manies et de ses frustrations sera l'ultime victime de cette tragi- comédie où la fourberie l'emporte. Avec la tendresse qui caractérise Balzac pour ses personnages, il dénonce une société qui abuse de la faiblesse des plus fragiles. Passée l'apparente légèreté de cette satyre sociale, un fond terrible nous apparaît, dressant un tableau bien triste du début du XIX ème siècle auquel le début de notre XXI ème n'a rien à renier.

Après une série de coupes successives évacuant les références historiques trop précises mais respectant la langue et le fil dramaturgique de Balzac, cinq acteurs s'empareront du texte. C'est en fin de compte, cinq clown de théâtre qui narreront cette histoire (Jacques Hadjaje, l'un des comédiens, a joué dans les premiers spectacles de François Cervantes). Autour de la figure inchangée de Rose-Marie, interprétée par l'actrice Clara Mayer, les autres acteurs conteront et interpréteront, tour à tour ou ensemble, les multiples personnages. C'est en éprouvant la force comique et burlesque de certains passages de l'oeuvre que m'est venue l'idée de la faire jouer par les clowns. En faisant appel à la sincérité de ces êtres à la naïveté enfantine, je souhaite dévoiler le réel moteur qui anime les personnages. Derrière la façade sociale, l’intérêt, l'amour mènent ces êtres de papier. La vérité du clown rendra visible et évident les enjeux de chaque personnage.

En abordant ce type de jeu, c'est aussi l'écriture même de Balzac que je cherche à révéler. Le rapport primaire à l’émotion et l'effet produit par le mot placent l'acteur/clown au même endroit de découverte que le spectateur. Cette forme permet donc une grande porosité entre le plateau et le public. C'est d'ailleurs important pour moi : que le temps de la représentation soit un vrai moment de rencontre entre les acteurs et les spectateurs à travers un imaginaire partagé.

Les moyens techniques employés pour raconter cette histoire seront d'ailleurs volontairement simples et la machinerie du théâtre visible des spectateurs. La scénographie se limitera à une sorte de long couloir, un chemin où chacun pourra courir après ses objectifs, un mariage, une dote, un amour, un repas... On y verra les prétendants de Rose-Marie y pousser servilement sa 4L, espérant bien pouvoir la conduire un jour. Les acteurs eux-mêmes seront les régisseurs-plateau du spectacle : manière d'assumer devant le public que ce que nous faisons est faux, mais que nous décidons d'y croire ensemble. De cette envie d'un partage vrai avec les spectateurs, je pense que les acteurs arriveront en scène pour enfiler devant eux des prothèses nasales (grossissement de leur propre nez) et deviendront en direct un cœur burlesque et poétique. Mais ces nez disparaitront lorsque le spectacle glissera vers la tragédie et que chacun des personnages révèlera sa véritable nature, souvent loin d'être comique... Une fois disparus, les acteurs nous livreront le texte dans la simplicité cinglante de l'écriture laissant entendre le cri de désespoir de l'auteur regardant le monde. Une fois de plus, Balzac fait gagner l'argent mais n'en lève pas moins le poing pour appeler à la lutte.

Distribution
  • Auteur : Honoré de Balzac
  • Metteur en Scène : Camille de La Guillonnière
  • Avec
  • Jacques Hadjaje
  • Frédéric Lapinsonnière
  • Clara Mayer
  • Adrien Noblet
  • Aude Pons

Production : Le Temps est Incertain Mais on joue quand même ! Co-productions : La Société Scènes à l'Italienne au Théâtre Montansier, le Théâtre Régional des Pays de la Loire. Avec le soutien : de l'EPCC Anjou-Théâtre, du département Maine et Loire, de la SPEDIDAM et en résidence au Château du Plessis Macé.

Représentations

Théâtre de l'Usine, Saint-Céré
  • jeudi 19 décembre 14h00
  • vendredi 20 décembre 20h30
Tarifs

Tarif A Placé
Plein 19 €
Découverte / Réduit 16 €
Passion / Réduit + 13 €
Jeune 5 €
Informations pratiques / abonnements

Tarif découverte / réduit : abonnés Découverte, groupe à partir de 10 personnes, comité d’entreprises, personnes handicapées
Tarif passion / réduit + : abonnés Passion, demandeurs d’emploi, intermittents du spectacle
Tarif Jeunes : moins de 18 ans et étudiants moins de 25 ans

Abonnement Découverte : abonnement nominatif 4 spectacles minimum. Cet abonnement vous donne droit au tarif découverte.
Abonnement Passion : abonnement nominatif 8 spectacles minimum. Cet abonnement vous donne droit au tarif passion.
Le + de l’abonnement Passion : faites découvrir le Théâtre de l’Usine à un de vos ami, il profite du tarif réduit sur un des spectacles de votre abonnement !

Réserver

Archives

- saison 2018/2019
- saison 2017/2018
- saison 2016/2017
- saison 2015/2016
- saison 2014/2015
- saison 2013/2014

© 2013 Opéra Eclaté - Création PIXBULLE