Devenez mécène

L'École des femmes de Molière

C’est l’histoire d’une enfant qui devient femme et qui, par son innocence, par la découverte naïve de ses émotions, de ses désirs et de ses plaisirs, s’affranchit de cette « école » et de ses règles. Cette nouvelle création de la compagnie les Géotrupes donne toute sa force au texte de la plus féministe des pièces de Molière. 

La pièce secoue parce qu’elle est plus que l’histoire d’un ridicule, elle est celle d’un monstre. Avant Orgon et Alceste, Arnolphe est « le premier homme dangereux » chez Molière (P. Malandain), en tant qu’il est celui-qui-sait-et-qui-peut-tout. Molière repeint aux couleurs d’une folie spéciale, et extrême, le vieux pitch du cocu.

Comment peut-on se vanter de devenir le premier homme épargné par l’infidélité, quand on s’appelle comme le saint patron des cocus ! Les cornes qui le dégoûtent d’avance, c’est comme s’il les avait déjà, ce n’est qu’une question d’heure. L’heure, justement, que nous passons, nous, spectateurs, à voir chaque geste qu’il fait pour les éviter les rapprocher de son front. Ce personnage aux vains efforts et aux lumières vacillantes, c’est celui de la « précaution inutile », qui a toujours été, et sera encore longtemps, la ressource inépuisable de la comédie. Dès le début, son ami Chrysalde l’a prévenu, gare au retour de la raillerie sur le railleur, au « revers de satire ». C’est en effet qu’Arnolphe aimante vers lui cette vengeance du rire, à force de rire, inquiétant de pitié méprisante, sur tous les pauvres hommes trompés – sauf, décidément, lui.

Pourtant c’est moins l’orgueil qui va être châtié dans le maître d’école que le dessein qu’il a, et le projet qu’il exécute, pour avoir raison envers et contre tous. C’est cet amour, effrayant de calcul et de certitude, qui l’a pris pour une enfant de quatre ans, et qui lui a fait de longue main la préparer à son lointain âge de femme et d’épouse, « selon (s)a politique ». Dans son absolue supériorité obsessionnelle, il conspire la formation, à son unique profit, d’un être modelé tel « un morceau de cire », pour ne connaître qu’une seule empreinte, la sienne, à quoi se bornera tout l’horizon de sa vie. Lui, sera tout pour elle, parce qu’elle ne sera, ne saura, rien que lui. On trouve plus tard au théâtre (Marivaux) des laboratoires artificiels pas forcément moins inquiétants, mais au moins auront-ils pour mobile d’ex- plorer l’énigme de l’homme (La Dispute). Rien de cette recherche intel- lectuelle, de ce prurit de découverte, chez Arnolphe, parce que lui, ne doute de rien. Il possède un savoir a priori qu’il vérifie avec une joie mau- vaise. Et il l’applique, en déroulant minutieusement son protocole d’asepsie et de prophylaxie, de sorte à usiner, en pleine fière conscience, cette chose idéale, un être sans personnalité, produit d’un nettoyage mental radical. Ses raisons et ses ruses sont toutes meilleures les unes que les autres, ce bourreau du réel sait même passer en homme prag- matique les compromis nécessaires avec lui, il consent à payer le prix du rêve par la restriction de ses plaisirs à venir. À coups d’ordonnances, Arnolphe fabrique ainsi avec « amour » (une espèce intolérable d’amour), pour le futur de son objet d’ « amour » (d’intolérable possession), un « amour » à basse tension (un intolérable lien décérébré, dévitalisé), et une histoire prescrite (une privation intolérable du temps), une conscience amputée (une ignorance intolérable, ignorante même de son ignorance), qui devront lui, et leur, suffire.

 

 

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=e1YXQPKu0Fc

Distribution
  • Auteur : Molière
  • Metteur en scène et Arnolphe : Christian Esnay
  • Agnès : Marion Noone
  • Horace : Jacques Merle
  • Georgette, Oronte : Rose Mary D'Orros
  • Alain, Le notaire : Olivier Ruidavet
  • Chrysalde : Gérard Dumesnil
  • Jean Delabroy : Collaboration artistique
  • François Mercier : Scénographie
  • Bruno Goubert : Lumière
  • Rose Mary d'Orros : Costumes
  • Frédéric Martin : Son

Production les Géotrupes, Accueil en résidence de création au cube à Hérisson, Avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication Drac Ile de France, Les Géotrupes sont conventionnés par la Drac Ile de France.

Presse

"Cette même troupe avait déjà régalé le public en décembre dernier avec des Fourberies de Scapin absolument hilarantes. Christian Esnay et ses comédiens ont fait à nouveau ces mêmes choix : mettre en avant la langue de Molière, dont on goûte le texte avec sa syntaxe et ses alexandrins, ne pas s’encombrer de décorum inutile et favoriser la proximité avec le public."

Le Télégramme, Janvier 2019

Représentations

Théâtre de l'Usine, Saint-Céré
  • jeudi 21 novembre 14h00
  • vendredi 22 novembre 14h00
  • vendredi 22 novembre 20h30
Tarifs

Tarif A Placé
Plein 19 €
Découverte / Réduit 16 €
Passion / Réduit + 13 €
Jeune 5 €
Informations pratiques / abonnements

Tarif découverte / réduit : abonnés Découverte, groupe à partir de 10 personnes, comité d’entreprises, personnes handicapées
Tarif passion / réduit + : abonnés Passion, demandeurs d’emploi, intermittents du spectacle
Tarif Jeunes : moins de 18 ans et étudiants moins de 25 ans

Abonnement Découverte : abonnement nominatif 4 spectacles minimum. Cet abonnement vous donne droit au tarif découverte.
Abonnement Passion : abonnement nominatif 8 spectacles minimum. Cet abonnement vous donne droit au tarif passion.
Le + de l’abonnement Passion : faites découvrir le Théâtre de l’Usine à un de vos ami, il profite du tarif réduit sur un des spectacles de votre abonnement !

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