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L'homme qui rit D'après Victor Hugo

« Christine Guênon, sur scène, a l’allure d’un Gavroche à l’ossature frêle mais nerveuse. Elle est un personnage de Victor Hugo, elle résume tout entière ces personnages de l’épopée de « L’homme qui rit ». À travers elle, c’est toute la complexité des personnages, leurs drames, leur humanité, leur violence à fleur de peau qui bousculent les spectateurs captivés. C’est poignant et d’une saisissante vérité. La vision de « L’homme qui rit », le visage contracté par son rire figé, frêle mais si passionné, nous emporte dans la houle de son message. C’est fulgurant, c’est fort, bravo Christine Guênon ! » Evelyne Trân - Le Monde 24 mars 2013 

Succés du festival de Théâtre de Figeac 2015

Christine Guênon, magnifique comédienne s’il en est, s’est faufilée au cœur des huit cents pages de L’homme qui rit, immense roman d’aventure politico-philosophique, pour suivre à la trace nos héros au fil de leurs pérégrinations. Elle a avec elle une chaise, un banc, une table de maquillage, et la plume inoxydable du grand Victor, génial conteur de la geste humaine, infatigable militant d’une démocratie réelle qui considèrerait enfin les plus démunis (l’étranger, le pauvre, le bagnard et les enfants) comme la pierre de touche de nos sociétés : « Ce qu’on m’a fait, on l’a fait au genre humain. On lui a déformé le droit, la justice, la vérité, la raison, comme à moi les yeux, les narines et les oreilles. Comme à moi, on lui a mis au cœur un cloaque de colère et de douleur, et sur la face un masque de contentement », confie Gwynplaine, l’homme qui rit et qui fait rire. Mais qu’est-ce que rire d’un rire ? Est-ce la seule réponse possible à la violence cynique du pouvoir ?

Teaser du spectacle

Interview de Christine Guênon

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Notes de mise en scène - Christine Guênon

L'homme qui rit, c’est l’histoire d’un enfant qu’on a mutilé.
Les Comprachicos lui ont collé sur le visage un rire magistral et monstrueux, irrésistible et pétrifié, dont personne ne se dérobe, et qui produit l’éclat de rire foudroyant. Un chef d’œuvre d’hommes pour les hommes, réalisé à des fins politiques, car la raison d’état a ses raisons que la raison ignore...

Au départ, je voulais faire un spectacle drôle et puis je n’ai pas réussi, quoique... Je pensais à Chaplin, j’avais des images de film, je pensais à Gabin, au cinéma expressionniste allemand.

Photos NB

Je voulais faire rire avec les appétits humains les plus sombres,
J’imitais pour saisir où ils étaient allés. Cela m’a nourri. Et en abandonnant peu à peu l’imitation j’ai trouvé mon propre chemin. Mon rire.

Ursus

Ursus, c’est le plus beau des personnages et selon moi le véritable héros de cette épopée hugolienne, c’est le bon, le vrai, le juste, un vagabond n’ayant pour ami et pour compagnon qu’un loup. C’est par lui et avec lui que nous marchons dans l’histoire sans fin du rapport entre les puissants et les exclus. La regarder avec le rire philosophe du saltimbanque, qui ne change rien, qui peut-être ne sert à rien, mais qui est essentiel à l’humanité,

C’est tentant pour un acteur...
Ursus était un misanthrope et pour souligner sa misanthropie il s’était fait bateleur.

J’ai choisi quatre figures :

Ursus, le bateleur misanthrope qui recueille Gwynplaine, l’enfant défiguré et Déa l’enfant trouvée. Et puis aussi les méchants Comprachicos, et le narrateur, la voix du poète.
Je les esquisse, je les dessine, je les incarne, je les entrevois, sans prévenir je passe de l’un à l’autre pour provoquer le public dans son écoute, qu’il vienne à moi comme je vais à lui.

Un acteur en travail, un public en travail, pour regarder ensemble ce que nous raconte le roman, hier comme aujourd’hui:
Qu’est-ce que ça veut dire que vivre ensemble ?
Alors je pose sur mon visage le rire de Gwynplaine et il n’y a plus qu’à écouter...

Notes de Travail

« Cela se passait il y a 300 ans, du temps que les hommes étaient un peu plus des loups qu’ils ne le sont aujourd’hui, pas beaucoup plus. »

C’est en Avril 2009, à Boulogne-sur-Mer, Après avoir joué le Roi Lear.
Ludovic Longelin qui nous a programmé fait part de son désir d’inviter trois comédiens qui s’empareront d’un texte non théâtral...

« L’homme qui rit », je réponds, « Victor Hugo, l’Homme qui rit, je vais jouer L’homme qui rit, toute seule. »
Et voilà, c’était parti.
Un roman que j’ai lu, il y a vingt ans et que je n’ai jamais pu oublier.

Un roman politique, philosophique, historique. De la poésie pure au service de l’intelligence. L’homme qui rit, un titre aussi.
Puissant, énigmatique,émouvant comme peut l’être celui du film d’un autre Victor, Sjöström celui- là, un des pères du cinéma suédois des années 20, considéré par Chaplin comme le meilleur réalisateur du monde...

« Larmes de clown ».

Le clown pleure, l’homme rit.
Qui est l’homme qui rit ? De quoi rit-il ?
Est-ce Gwynplaine, cet enfant de deux ans qu’on a défiguré afin qu’il porte sur son visage le rire éternel.
On marque sur sa peau le rire comme on marque le bagnard, l’étranger, le juif, le pauvre. « Ris mon garçon car tu riras toujours ».

Es-tu celui qui rit ou celui qui fait rire ?
Ris-tu de ce que l’on ta fait ou de ceux qui te regardent ? Es-tu le seul à ne pas rire ?

Car l’homme qui rit est peut-être la force, le pouvoir, la tradition, l’impunité, car son seul lot de consolation c’est son rire.

On force l’homme à rire du monde qu’il s’est fabriqué, à rire des vérités toujours blessantes, des espoirs vains et on lui oppose comme seul contrepoint, l’amour, seule vérité peut-être sincère de cette humanité riante, mais l’amour est aveugle.
L’homme est forcé de rire.

Et comme on ne goûte pas le comique si l’on est isolé, que pour le comprendre il faut le replacer dans son milieu naturel qui est la société, je le pose sur scène, au théâtre, devant nous.

Extrait pour le plaisir...

Les persécuteurs de Gwynplaine avaient manqué leur but. On avait voulu faire un désespéré, on avait fait un enchanté. La nature vient au secours de tous les abandons ; là où tout manque, elle se redonne tout entière ; elle a le lierre pour les pierres et l’amour pour les hommes. Être aimé, est-ce que ce n’est pas tout ? La destinée l’avait comblé. Ce réprouvé était un préféré. Quelle folie que d’être heureux ! comme on rêve ! il venait des idées à Gwynplaine.
- Oh si j’étais puissant, comme je viendrais en aide aux malheureux ! Mais que suis-je ? un atome. Que puis-je ? rien.
Il se trompait. Il pouvait beaucoup pour les malheureux. Il les faisait rire. Et faire rire, c’est faire oublier. Quel bienfaiteur sur la terre, qu’un distributeur d’oubli !
- Tu me fais l’effet d’un observateur, imbécile ! prends-y garde, cela ne te regarde pas. Tu as une chose à faire, aimer Dea. Tu es heureux de deux bonheurs ; le premier c’est que la foule voit ton museau, le second, c’est que Dea ne le voit pas. Ce bonheur que tu as, tu n’y as pas droit. Nulle femme, voyant ta bouche, n’acceptera ton baiser. Et cette bouche qui fait ta fortune, cette face qui fait ta richesse, ça n’est pas à toi. Tu n’es pas né avec ce visage-là. Tu l’as pris à la grimace qui est au fond de l’infini. Tu as volé son masque au diable. Il y a dans ce monde, ce qui est une chose très bien faite, les heureux de droit et les heureux de raccroc. Tu es heureux de raccroc. Sais-tu ce que c’est, misérable, que l’heureux de droit ? C’est un être terrible, c’est le lord. Un lord est celui qui a, jeune, les droits du vieillard, vieux, les bonnes fortunes du jeune homme, vicieux, le respect des gens de bien, poltron, le commandement des gens de cœur, fainéant, le fruit du travail, ignorant, le diplôme de Cambridge et d’Oxford, bête, l’admiration des poètes, laid, le sourire des femmes. N’abuse pas de mes paroles, je ne dis pas qu’un lord soit nécessairement ignorant, poltron, laid, bête et vieux ; je dis seulement qu’il peut être tout cela sans que cela lui fasse du tort. Un philosophe serait plaisant s’il conseillait à cette pauvre diablesse de multitude de se récrier contre la largeur et la lourdeur des lords. J’ai vu un jour un hippopotame marcher sur une taupinière ; il écrasait tout ; il était innocent. Il ne savait même pas qu’il y avait des taupes, ce gros bonasse de mastodonte. Mon cher, des taupes qu’on écrase, c’est le genre humain. L’écrasement est une loi. Et crois-tu que la taupe elle-même n’écrase rien ? Elle est le mastodonte du ciron, qui est le mastodonte du volvoce. Mais ne raisonnons pas. Mon garçon, les carrosses existent. Le lord est dedans, le peuple est sous la roue, le sage se range. Mets-toi de côté et laisse passer. Quant à moi, j’aime les lords et je les évite.

Distribution

Production Cie du Chaos vaincu

Le spectacle a été présenté au Festival de Théâtre de Figeac 2015.
Les représentations de Gramat et Limogne-en-Quercy sont organisées en partenariat avec Itinéraire bis.

Presse

Sans que l’on ne s’en aperçoive, la comédienne réussit en une poignée de minutes et grâce à ses talents de narratrice à nous transporter plus de trois siècles en arrière, au cœur du drame créé par Victor Hugo. À cela près qu’elle s’éloigne du ton dramatique de l’œuvre originale pour insuffler une touche comique au récit. Ainsi, lorsque Christine Guênon considère que l’auteur va trop loin en plaçant toute la misère du monde sur les épaules de Gwynplaine, elle n’hésite pas à lancer un « merci, Victor » ironique. Après tout, n’est-il pas question de rire dans l’Homme qui rit ?

Mathilde Penchinat - Les Trois Coups - 3 février 2013

La très belle performance de comédienne que nous offre Christine Guênon est réellement époustouflante, et le public ne s'y trompe pas, qui lui offre l'ovation qu'elle mérite. Sans doute le numéro vaut-il à lui seul le déplacement.

Frédéric Manzini – Reg’arts - mars 2013

Tour à tour adaptatrice, metteuse en scène et comédienne, Christine Guênon lève le voile sur un roman sombre à faire pâlir la face du monde. Dans une scénographie épurée, les miroirs ébréchés d’une coiffeuse renvoient la pudeur du texte à l’intensité de la narration exprimée par la comédienne. Elle a l’intelligence d’être un visage parmi plusieurs visages sans occulter le désir de découvrir l’histoire du jeune garçon. (...)

De malheur de rire, réside le rire farceur avec l’acceptation de la différence par les chanceux. Une feinte à l’ironie des hommes magistralement interprétée par Christine Guênon.

Philippe Delhumeau - Theatrotheque - 25 mars 2013

Représentations

Salle de l'horloge, Gramat
  • mardi 24 novembre 20h30
Cinéma, Biars (séance scolaire)
  • jeudi 26 novembre 14h00
MJC, Saint-Céré (séance scolaire)
  • vendredi 27 novembre 14h00
MJC, Saint-Céré
  • vendredi 27 novembre 20h30
Salle des fêtes, Limogne-en-Quercy (itinéraire BIS)
  • samedi 28 novembre 20h30
Informations

Durée indicative : 1h10
À partir de 14 ans

Tarifs

Tarif B
plein réduit-abonnés jeunes
15 € 12 € 5 €

Carte Adhérent : 12€. Devenez adhérents du théâtre de l’Usine et bénéficiez de tarifs réduits sur tous les spectacles.
Tarif réduit : adhérent, demandeur d’emploi, groupe à partir 10 personnes, comité d’entreprise.
Tarif jeune : 5 € (scolaire - 18 ans, étudiant - 26 ans)

Informations pratiques / abonnements

Tarif découverte / réduit : abonnés Découverte, groupe à partir de 10 personnes, comité d’entreprises, personnes handicapées
Tarif passion / réduit + : abonnés Passion, demandeurs d’emploi, intermittents du spectacle
Tarif Jeunes : moins de 18 ans et étudiants moins de 25 ans

Abonnement Découverte : abonnement nominatif 4 spectacles minimum. Cet abonnement vous donne droit au tarif découverte.
Abonnement Passion : abonnement nominatif 8 spectacles minimum. Cet abonnement vous donne droit au tarif passion.
Le + de l’abonnement Passion : faites découvrir le Théâtre de l’Usine à un de vos ami, il profite du tarif réduit sur un des spectacles de votre abonnement !

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