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Orchestre National du Capitole de Toulouse Mozart, Schubert

 

L'Orchestre national du Capitole revient avec l'ouverture de Don Juan et le Concerto pour hautbois de Mozart ainsi que la symphonie n°5 de Schubert avec le chef d'orchestre Maxim Emelyanychev et le hautboïste Philippe Tondre.

Programme

Mozart, Don Giovanni, Ouverture
Mozart, Concerto pour Hautbois  /  Philippe Tondre, hautbois
Schubert, Symphonie n° 5

 

 

Wolfgang Amadeus Mozart, Don Giovanni, Ouverture en mineur, K. 527

« Cet opéra n’a pas été écrit pour les Viennois – plutôt pour les Pragois ; mais je l’ai d’abord et avant tout écrit pour moi-même et pour mes amis », aurait confié Mozart à Rochlitz, l’un de ses amis. En 1787, la création à Prague des Nozze di Figaro connaît un succès phénoménal, qui incite le théâtre italien de Prague à confier une nouvelle commande au musicien. Mozart choisit de collaborer avec le même même librettiste que pour les Nozze di Figaro, Lorenzo da Ponte, et de traiter un sujet alors très en vogue : le séducteur de Séville, porté à la scène en 1630 par Tirso de Molina.

Lorsque Mozart et Da Ponte se plongent dans le destin tragique de Don Juan, ce ne sont plus les versions de Molina ou de Molière qui sont dans tous les esprits, mais plutôt le texte livré en 1736 par l’écrivain italien Carlo Goldoni. « Si auparavant la mort de Don Juan était une bouffonnerie, […] dans ma pièce, son châtiment est une chose sérieuse, au point d’inspirer la terreur et le repentir », écrit Goldoni. On ne saurait mieux résumer la tragique et glaçante ouverture par laquelle Mozart ouvre son opéra : inscrit dans la tonalité demineur, alors associée aux déplorations religieuses (omniprésente dans le genre du requiem), le début de Don Giovanni est une méditation tragique aux inflexions prémonitoires. Puis, sans transition, le ton homonyme de majeur interrompt le discours. Dès lors, d’incessants jeux d’ombre et de lumière alternent, entre mineur et majeur, désarroi et vitalité. Réservoir des thèmes à venir, l’ouverture de Don Giovanni met en abyme l’ensemble de l’action future. Le portrait du séducteur s’esquisse : partagé entre la terreur et l’élan vital, prêt à la bassesse pour séduire, à la grandeur lorsqu’il lui faut résister à l’ordre social, Don Juan apparaît à travers les lignes de l’orchestre.

Mozart, Concerto pour Hautbois  /  Philippe Tondre, hautbois

Le seul concerto pour hautbois de Mozart a une curieuse histoire. En 1777, le compositeur écrivit un concerto pour un hautboïste du nom de Giuseppe Ferlendis qui, deux ans plus tôt avait quitté Bergame pour se mettre au service de l’employeur de Mozart, l’archevêque de Salzbourg. Environ un an plus tard (en 1778), Mozart transposa ce concerto de do en ré majeur, modifiant au passage de nombreux détails, à l’intention du flûtiste Ferdinand de Jean, et c’est sous cette forme que le concerto fut publié pour la première fois. Nous savons que le Concerto pour hautbois fut interprété en 1797 et en 1783, mais ensuite, la partition a disparu.

En 1920, Bernhard Paumgartner découvrit un recueil de parties orchestrales pour le concerto dans les archives du Mozarteum de Salzbourg. Paumgartner entreprit aussitôt de rebâtir la partition qui fut finalement publiée en 1948. Mais au fil des ans et jusqu’à notre époque, on a continué à jouer la version pour flûte solo quo l’on appelle encore le Concerto pour flûte no. 2 de Mozart. On peut affirmer avec une quasi-certitude que ce concerto fut écrit à l’origine pour le hautbois, étant donné que la note la plus basse des violons dans la version pour la flûte est un la et que la note la plus haute de la flûte solo se situe au sommet de registre du hautbois, mais nettement en dessous des possibilités de la flûte. Sur le plan technique, la partie solo correspond plus aux capacités du hautbois qu’à celle de la flûte, instrument beaucoup plus agile.

Le premier mouvement porte une marque de tempo étrange- Allegro aperto – que l’on peut traduire par « allegro ouvert », mais dont le sens n’est pas clair. Mozart a utilisé cette même indication dans d’autres œuvres composées dans les années 1770 (le Concerto pour violon no. 5, par exemple), mais l’abandonna par la suite. Après l’introduction orchestrale standard, le soliste expose les thèmes principaux qui font par la suite l’objet de plusieurs échanges entre le hautbois et l’orchestre. Le mouvement lent est rêveur et serein, mais pas profond. Sur le plan du style, ses douves lignes mélodiques le rapprochent de l’opéra. En guise de final, Mozart avait choisi la forme rondo standard mais, là encore, le monde de l’opéra pointe à l’horizon : le thème principale de ce mouvement guilleret est pratiquement identique à l’aria de blonde « Wenche Wonne, welche Lust» dans l’opéra L’Enlèvement au sérail, composé quelques années auparavant.
Robert Markow

Franz Schubert, Symphonie n° 5

Le 13 juin 1816, Franz Schubert, alors âgé de 19 ans, note dans son journal : « Ô Mozart, immortel Mozart, combien de bienfaisants pressentiments d’une vie lumineuse et meilleure tu as imprimé dans nos âmes ! » Cette dévotion envers maître de Salzbourg trouve un pendant musical dans la Symphonie n° 5 qui clôt le cycle des œuvres de jeunesse de Schubert. La symphonie, composée pour un effectif orchestral relativement réduit (une flûte, bois par deux, deux cors, pas de trompette), retrouve la grâce spirituelle et l’esprit du classicisme. La sérénité qui s’en dégage, les inflexions souriantes de ses thèmes, l’élégance de son orchestration apparaissent comme un véritable hommage du jeune musicien à ses deux maîtres es-musique : Mozart et Haydn.

Schubert exploite une organisation classique, soit deux mouvements extrêmes allegro de forme sonate encadrant un mouvement lent et un menuet. Le premier mouvement s’ouvre sous le signe de la grâce. Lancé par les flûtes immédiatement rejointes par les violons, le début de la forme sonate (alternance de deux groupes thématiques caractérisés par deux tonalités distinctes d’abord exposés puis confrontés dans le développement pour mieux se retrouver dans la réexposition) débute sur la pointe des pieds. L’entrée progressive de l’orchestre accentue le frémissement initial et convoque l’esprit de la danse. À la gaîté succède la douceur : amorcé par les cordes, prolongé par les bois, le deuxième thème passe dans les tonalités mineures. La suite de mouvement fait alterner ces deux ethos. D’abord travaillé lors du développement, le premier thème est ensuite redonné dans sa tonalité initiale de si bémol majeur dans la réexposition. Une conclusion enjouée clôt le mouvement.

Dans l’équilibre d’une symphonie, il est d’usage que le mouvement lent apporte une détente bienvenue après la complexité formelle du premier mouvement. En faisant succéder à l’insouciance initiale, une page d’abord caractérisée par son intériorité, Schubert en contourne l’usage : la longueur du mouvement est une invitation à une rêverie non exempte de mélancolie. L’ensemble voit deux parties se succéder et la première revenir. Cette organisation tripartite est ici redoublée selon le schéma suivant : ABABA. L’organisation très classique du premier thème exposé aux cordes colorées par les bois est contrebalancée par le second : ses accents brutaux, ses modulations mineures, son rythme obsédant font surgir des spectres douloureux, sitôt effacés par le retour apaisé du premier thème.

Comme Beethoven, son illustre aîné, Schubert pousse à ses extrêmes limites le genre du menuet, ultime témoignage de la suite de danse. Exécuté à la vitesse requise par le musicien, le mouvement se situe à la frontière entre un menuet et un scherzo et illustre bien la position intermédiaire du musicien, entre classicisme et romantisme. Le mouvement commence de manière spectaculaire, en sol mineur. Lancé fortissimo par un arpège ascendant, il rappelle le tragique menuet de la Symphonie en sol mineur de Mozart. Le trio, en sol majeur, apporte une détente bienvenue : flûte et violons y font alterner un thème aux inflexions champêtres. Mais cette respiration est bien vite chassée par le retour du tragique qui clôt avec agitation le mouvement.

 C’est dans le finale que Schubert déploie sa science formelle : le musicien y déroule une forme sonate d’une orthodoxie que n’aurait reniée ni Haydn ni Mozart. Le premier thème allègre est d’abord lancé par les cordes avant que lui succède un pont vers le deuxième thème. Schubert met à profit cette transition pour apporter des couleurs mineures qui contrastent avec le second thème à l’élégance toute classique. L’œuvre se conclut après la réexposition sans effusion sentimentale mais avec une sobriété et un art consommé du théâtre qui témoignent bien de la maturité nouvellement acquise par le jeune compositeur.

 

L'Orchestre national du Capitole

Habituellement dirigé par Tugan Sokhiev mais dirigé par Maxim Emelyanychev sur ce spectacle.

Né dans les années 1960 de la fusion de l'Orchestre du Capitole (alors chargé des opéras et ballets du Théâtre du Capitole) et de l'Orchestre symphonique de Toulouse-Pyrénées, l'Orchestre du Capitole de Toulouse a rapidement pris une stature internationale grâce au travail de Michel Plasson, qui l'a dirigé durant 35 années (de 1968 à 2003) et qui en est aujourd'hui Chef d'orchestre honoraire.

Devenu « national » en 1981 et aujourd'hui fort de 125 musiciens, l'Orchestre du Capitole entre de plain pied dans le XXIe siècle avec l'arrivée, en 2005, de Tugan Sokhiev, d'abord premier chef invité et conseiller musical, puis directeur musical à partir de 2008.

En dix ans, Tugan Sokhiev a insufflé une formidable dynamique à la formation toulousaine, développant des tournées dans le monde entier (Allemagne, Autriche, Italie, Espagne, Irlande, Royaume-Uni, Pays baltes, Pologne, Chine, Russie, Japon, Amérique du Sud...), se produisant régulièrement dans des lieux aussi prestigieux que le Musikverein de Vienne, la Philharmonie de Berlin et le Bolchoï de Moscou, ainsi qu'à Paris (Théâtre des Champs-Élysées, Salle Pleyel, Philharmonie).

Outre une riche saison symphonique dans sa salle historique de la Halle aux Grains et la saison lyrique et chorégraphique du Théâtre du Capitole, l'Orchestre national du Capitole est régulièrement invité par des festivals internationaux, tels le Festival international George Enesco de Bucarest, la Quinzaine musicale de Saint-Sébastien, les Chorégies d’Orange (Aïda de Verdi et deux concerts en 2011, Requiem de Verdi en 2016), le Festival de Radio France et Montpellier (2013, 2016), le Festival de Pâques d’Aix-en-Provence (2015). En 2011, l'ONCT s'est aussi produit à l’Opéra Comique dans Les Fiançailles au couvent de Prokofiev, coproduit par le Théâtre du Capitole.

Tugan Sokhiev a par ailleurs développé de nouvelles activités audiovisuelles à destination des publics les plus larges. L'Orchestre national du Capitole de Toulouse a ainsi récemment participé à des émissions telles que « Les Prodiges font leur show » sur France 2, les « Victoires de la musique classique » sur France 3, « Musiques en fête » en direct du Théâtre d'Orange sur France Musique et France 3. Cette politique de diffusion audiovisuelle ambitieuse se traduit par des partenariats réguliers avec France Télévisions, France Musique, Radio Classique, Arte Concert, Mezzo, Medici.tv etc.

Après une longue et fructueuse collaboration avec le label EMI Classics sous la baguette de Michel Plasson (une soixantaine de titres disponibles, l'essentiel du catalogue portant sur la musique française des XIXe et XXe siècles, dont de nombreuses gravures devenues des références majeures du répertoire), l'Orchestre national du Capitole de Toulouse développe aujourd'hui avec Tugan Sokhiev de nouveaux axes discographiques avec le label Naïve.

Pleinement ancré dans la vie musicale de son temps, l'Orchestre national du Capitole de Toulouse sert avec le même enthousiasme les œuvres du répertoire que la musique d'aujourd'hui. En 2012 par exemple, fut donné le Concerto pour deux pianos de Bruno Mantovani (alors compositeur associé à l’orchestre), co-commande de l’Orchestre national du Capitole et de la Casa da Música de Porto. En 2014, l'ONCT crée le Concerto pour hautbois de Benjamin Attahir avec, en soliste, son dédicataire Olivier Stankiewicz (hautbois solo de l'Orchestre), et donne la Première française du Concerto pour percussions n°2 de James MacMillan. Plus récemment, ce sont deux nouvelles créations mondiales que l'ONCT a données sous la baguette de Tugan Sokhiev : Prélude de David Azagra et Nach(t)spiel de Benjamin Attahir. Des commandes ont également été passées auprès de compositeurs tels que Bruno Mantovani et Pascal Dusapin.

Cet ancrage dans la vie musicale contemporaine se double d'une activité pédagogique très active, tant à l'intention des plus jeunes publics, avec notamment le chef Christophe Mangou qui dirige les concerts pédagogiques depuis 2012 (avec, entre autres moments forts, la création d’Éva pas à pas de Sylvain Griotto, co-commande de l'ONCT et de l'Orchestre d'Avignon-Provence), que pour la formation des musiciens professionnels grâce à la création en 2016 d'une Académie internationale de direction d'orchestre dirigée par Tugan Sokhiev en personne.

Distribution

crédit photo Patrice Nin

L'Orchestre national du Capitole de Toulouse est soutenu par la Ville de Toulouse, la Communauté Urbaine Toulouse Métropole, la région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée et le ministère de la culture et de la communication

 

Représentations

Théâtre de l'Usine, Saint-Céré
  • dimanche 07 octobre 17h00
Tarifs

Spectacle placé
pleinréduit- libertétarif passionjeune-18ans, étudiant
série 130262010
série 224201510
Abonnements

Carte Liberté : 12€. Avec cette carte fidélité profitez du tarif réduit sur tous les spectacles de la saison d’hiver, en réservant tout au long de l'année.

Carte Passion : Pour 8 spectacles minimum achetés en une seule fois, vous bénéficiez de la carte Passion qui vous donne droit au tarif abonné sur tous les spectacles de la saison d’hiver, à des invitations surprises, des rencontres avec des artistes, des répétitions, des sorties de résidence…

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