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Leprest, pacifiste inconnu / JeHan & Lionel Suarez

L'accordéon de Suarez et la voix de JeHan s'entrelacent avec cette allègre gravité qu'incarnent Leprest et sa poésie. (L'Humanité) En partenariat avec Arcade 

Certaines contrées sont des villages. On a beau y marcher longtemps, on est toujours voisin ; on a beau ne s’être jamais croisés, on se connaît déjà. Dans ce pays de la chanson de mots et de cœur, JeHaN et Lionel Suarez sont d’évidence voisins. L’un chante, l’autre est à l’accordéon ; l’un a cet âge-là (ah oui, quand même, déjà) et l’autre vingt ans de moins ; l’un arpente l’ardeur calcaire des festivals de peu et l’autre sillonne souvent le chêne plein des scènes prestigieuses.

Ils sont pourtant du même pays, JeHaN et Lionel Suarez. Du même pays qu’Allain Leprest, qui a quitté le village un jour d’été – il y a déjà si longtemps. Alors ils seront tous trois sur le même album : Allain Leprest chanté par JeHaN avec Lionel Suarez à l’accordéon.

Entre JeHaN et Lionel, il y a l’admiration et la camaraderie, l’évidence du lien tissé avant de se connaître, quand Divin Dimey de JeHaN était le disque de chevet d’un jeune accordéoniste débutant. Un jour, un aîné avait appelé Lionel Suarez pour un remplacement – « c’est avec JeHaN, tu dois pas le connaître ». Eh si, justement ! La première rencontre ressemble à des retrouvailles. Elle ouvre un beau livre d’amitié. Il s’est passé une quinzaine d’années. Des aventures de l’un et de l’autre, des rencontres régulières parce que l’on est de ce même pays où l’on se croise forcément. « Je l’ai laissé butiner. Je me suis dit qu’on ferait le miel plus tard », dit JeHaN.

Embrassades à l’enterrement de Leprest. Un détour au bistrot. Sortir l’accordéon, chanter. Se dire qu’il ne faut pas s’arrêter. JeHaN était ami de Leprest ; JeHaN avait enregistré un sublime album consacré à Dimey. Lionel propose qu’il fasse un album tout en Leprest.

Un groupe ? Des arrangements ? Non, seulement l’accordéon pour garder l’évidence du dialogue, de la chaleur, du partage, de l’élan. « Ça permet de ne pas avoir à se justifier », dit Lionel. Un studio ? Ce sera chez lui. Et puis du temps. Le temps d’émonder, d’enlever, de préciser. « Je suis fan au premier degré de JeHaN, rappelle l’accordéoniste. Il a tout pour ne rien faire. » Et chaque fois que JeHaN en fait moins, le texte semble irradier, bouillir, luire, se révéler. « Parfois, dit-il, une chanson décolle. Et il faut reprendre les autres pour qu’elles soient au même niveau.»

Lionel a suggéré de reprendre C’est peut-être que JeHaN appelle « la tour Eiffel de Leprest ». Le chanteur s’est souvenu de 14/18, souvenir d’un jour de passage à Ivry où, au café, Allain lui avait demandé un papier et un stylo ; au retour, il avait rendu à JeHaN son stylo et le texte de cette chanson bouleversante sur la Grande Guerre. Il a emprunté Bien avancé à Louis-Lucien Pascal, autre ami discret de Leprest qui n’avait jamais enregistré ce vieux cadeau. Il a mis une musique sur Aimer c’est pas rien que Leprest avait un soir écrit dans la loge d’un concert. Lionel a composé une mélodie pour Va t’en jouer dehors, laissé par Leprest à l’ami accueillant François Lemonnier. Et puis des connues, des moins connues, des anciennes, des discrètes... Toute une fête de Leprest, cœur battant et âme fervente, mains grandes ouvertes et sourire brave.

Leprest, pacifiste inconnu sonne comme ces villages que l’on rêve, ces villages où chacun sait l’autre et lui prête le regard, l’outil, la semence, la confiance. C’est une de ces œuvres où l’on entend déjà l’humain avant la note, la splendeur avant le mot. Une aventure dont on ne sort pas indemne, qu’on l’écoute en album ou qu’on la voit sur scène: ces chansons-là nous grandissent, tant elles nous éclairent. Quand s’éteint la dernière, on voudrait remercier.

Bertrand Dicale

Presse

La rencontre entre deux géants, JeHan, interprête magistral et définitif, l'un des héraults de la chanson française actuelle, dans uneépoque où l'on ne sait plus à quel saint se vouer, et Lionel Suarez, accordéoniste aveyronnais monté à la capitale pour y conquérir les aventures musicales, est un enchantement pour les oreilles. Ici, le duo ne se contente pas de revisiter les textes d'un Allain Leprest devenu illustre après nous avoir quittés, mais nous offre un tour de chant inspiré et virevoltant où la voix de JeHan, puissante et chaleureuse rencontre le piano à bretelles virevoltant de Suarez. Tout en images sont narrées des tranches de vie, d'Histoire. Les lendemains d'une rupture, la guerre ou l'enfance, ce Dieu incompétent dans Je ne te salue pas, et ces destins sombrés dans l'anonymat au lieu de s'élever au génie dans C'est peut-être. L'écriture de Leprest, réaliste et tout en volutes, se voit consacrée, perpétuée même, par cette rencontre.

Julian Babou - Francofans (chronique album)

Représentations

Théâtre de l'Usine
  • samedi 01 avril 20h30
Tarifs

Tarif B Placé
série 1série 2
plein 21 € 16 €
réduit 17 € 14 €
abonnés 14 € 11 €
jeunes 5 € 5 €

Tarif réduit : détenteurs de la Carte Liberté, groupes à partir de 10 personnes, comités d’entreprises, adhérents Lieu commun.
Tarif abonné : détenteurs de la Carte Passion, demandeurs d'emploi.
Tarif jeune, 5€ sur tous les spectacles sauf ceux de catégorie A à 10€ : scolaire -18 ans, étudiant -26 ans.

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